Discours de la Gouverneure de la Banque nationale de Serbie

Discours de la Madame la Gouverneure de la Banque nationale de Serbie Jorgovanka TABAKOVIC adressé aux membres de la Chambre de Commerce et d’Industrie France Serbie le 15 mars 2015

Parole d’expert  | 

Votre excellence Madame Moro, Mesdames et Messieurs,

C’est avec un grand plaisir que je m’adresse à vous afin de vous remercier pour l’organisation de cette assemblée. En tant que gouverneure de la Banque nationale de Serbie, je me trouve en cet endroit-même avec mes associés pour échanger les expériences acquises jusqu’à présent avec les entités dont les fondateurs viennent de la République française, mais également pour renforcer cette coopération dans les temps à venir. Comme banque centrale de cet Etat, nous sommes en mesure d’agir non seulement sur la coopération financière et bancaire mais également d’avoir une influence indirecte sur la coopération économique avec la République française.

La France est l’ami traditionnel de la Serbie, ce que notre peuple, dont l’histoire est riche et  abonde en grandes épreuves, n’oublie pas. L’imposant monument de reconnaissance à la France, qui se trouve non loin d’ici, en témoigne. Nous souhaitons indéniablement orienter notre coopération future, dans l’esprit des temps nouveaux, vers l’économie, étant donné notamment que la France est un membre estimé de l’Union européenne à laquelle nous aspirons. Par conséquent, tout investissement français nous réjouit ainsi que toute forme d’organisation économique, telle que cette chambre de commerce commune.

Les données qui sont rassemblées par la Chambre de commerce franco-serbe témoignent d’une tendance très positive quant à la coopération économique, plus particulièrement ces quelques dernières années. Assurément, il y a de la place au développement et c’est pour cette raison que nous sommes entre autre rassemblés ici aujourd’hui. Vous n’êtes pas sans le savoir que la Banque nationale de Serbie est une institution avec un large éventail de compétences lesquelles nous nous efforçons à exécuter avec un maximum de professionnalisme et de coordination afin d’obtenir les meilleurs résultats.  

Lorsque l’on parle d’investissements venant de la France et orientés vers le secteur tertiaire, je me dois en effet de souligner ceux de nature financière qui sont supervisés directement par la Banque nationale de Serbie, dont: services bancaires commerciaux, assurance, crédit-bail et caisses de retraite volontaires. Je suis heureuse que la Serbie a eu des investissements directs dans chacun des domaines cités par le biais de la création de sociétés à capital majoritairement français.

Les entités françaises ont été parmi les premiers investisseurs  dans le domaine des opérations bancaires et ont bâti jusqu’à présent des affaires stables et une excellente réputation. Aujourd’hui, sont parmi nous les représentants de “Crédit Agricole”, Société Générale Serbie” et “Findomestic BNP Paribas” que je salue par cette occasion. Dans la sphère des assurances, les entités françaises sont présentes, nous pouvons le dire, depuis peu. De ce fait, nos attentes quant à elles n’en sont que plus grandes, sachant particulièrement que le marché domestique des assurances est un potentiel important qui ne fait qu’attendre à se développer. La Banque nationale de Serbie a préparé et adopté, en guise de sa propre contribution, de nouveaux règlements modernes qui vont rapprocher ce domaine aux normes mondiales contemporaines. Je salue également par cette occasion les représentants de “Société Générale” et “AXA osiguranje” et rappelle que la première licence Greenfield en Serbie pour les assurances a été en effet octroyée par la Banque nationale de Serbie au fondateur français “Crédit Agricole”. Aujourd’hui, le capital français est présent dans l’activité des assurances, et même dans le réseau de courtage et représentation, dont “Gras Savoye”. Dans la sphère du crédit-bail nous avons “Sogelease” et “CA leasing”, ainsi que “Société Générale” qui, suite à une consolidation de l’activité des caisses de retraite volontaires, a abandonné l’éxécution directe de ces opérations mais fournit toujours, à travers ses banques commerciales, les services de conservation à toutes les sociétés de gestion des caisses de retraite volontaires.

 Je crois que chacun des noms mentionnés est une garantie que la Banque nationale de Serbie a créé un bon climat d’investissement dans tous les services financiers, c’est-à-dire qu’elle a créé un milieu juridique sûr pour la fondation d’entités et les affaires et que ses actions de supervision ne font que contribuer au renforcement du marché et à une meilleure protection de tous les acteurs, tant du côté des bénéficiaires que de celui des investisseurs. La majorité des représentants de ces institutions financières sont également actifs au Conseil des investisseurs étrangers et en cette qualité peuvent témoigner que nous étions tournés, à la satisfaction des uns et des autres, vers une coopération maximale lors de la conception des règlements de notre ressort. Ceci est le concept que j’avais défini au moment de prendre la tête de la Banque nationale de Serbie. J’estime que ce n’est qu’avec des forces unies que nous pouvons aboutir aux meilleurs résultats, et que nous allons les adapter et améliorer en permanence grâce aux leçons tirées des expériences mutuelles.

Du reste je suis certaine qu’à chaque fois qu’ils se trouvent dans le rôle de bénéficiaires de services bancaires, leasing ou caisses de retraite volontaires, les membres de la Chambre de commerce franco-serbe appartenant aux domaines de l’industrie et de l’agriculture reconnaissent  tout ce que la Banque nationale de Serbie a fait afin de mettre de l’ordre dans cette partie du système financier du pays et afin de maintenir sa stabilité, les résultats étant au rendez-vous.

A tout cela s’ajoutent les efforts de la Banque nationale de Serbie  à entretenir une influence continue sur le climat des affaires et investissements en Serbie de manière à ce que celui-ci soit stimulant pour garder les investissements étrangers actuels et à en attirer de nouveaux. Conformément à la Loi qui régit nos activités, la Banque nationale de Serbie se doit d’atteindre et maintenir la stabilité des prix, contribuer à la préservation et au renforcement de la stabilité du système financier mais également de soutenir la mise en oeuvre de la politique économique du gouvernement de la République de Serbie.

La stabilité des prix est un objectif que notre institution a atteint. En 2015, l’inflation s’élevait en moyenne à 1.9% et nous nous attendons à ce qu’elle reste faible également en 2016. L’inflation basse et stable que la Serbie connaît aujourd’hui, mais aussi depuis trois ans, est un impératif pour préserver la valeur réelle des salaires et pensions, ainsi que pour créer des conditions prévisibles pour les affaires. Notre économie étant petite, ouverte et européisée, le cours de change représente un levier important de la stabilité du système financier et de la certitude des affaires. De grandes oscillations ne facilitent pas le maintien de la stabilité financière et celle des prix. Ceci est une chose connue de nous qui vivons et travaillons en Serbie, de l’économie et de la population qui rembourse les crédits en Serbie. Par conséquent, entretenir une stabilité du cours est un des facteurs importants du renforcement de l’environnement des affaires et  investissements, et de ce fait du renforcement d’importants investissements et d’une prime de risque du pays. Nous n’avons aucun dilemme, et notre orientation vers la stabilité dans tout le sens du terme n’a pas d’alternative concernant les prix, les finances ou la stabilité du cours de change des devises. Quant à ce dernier, je puis dire que nous atteignons une telle stabilité en empêchant des oscillations à court terme excessives sur le marché des devises. Les investisseurs étrangers me font part d’éloges pour ce résultat et ont souligné à cette occasion la valeur exceptionnelle de ce paramètre pour les affaires. Ainsi, c’est avec fierté que j’insiste sur lui, ici devant vous.

Aussi, en baissant constamment le taux d’intérêt de référence depuis mai 2013, nous avons fait de la place au redressement des activités de crédit et économiques. En effet, la chute des taux d’intérêt a été un des facteurs d’accélération de la croissance économique. L’économie, la population et l’Etat ont aujourd’hui des crédits en dinars avec des taux d’intérêts qui se trouvent à leur plus bas niveau depuis le passage au système de ciblage de l’inflation. Les taux d’intérêt ont baissé en 2015 jusqu’à même 5% par rapport à l’année précédente. Les chiffres parlent eux-mêmes – il s’agit d’une grande épargne pour l’économie, les citoyens et l’Etat. La croissance  économique a été également aidée par des investissements nets étrangers en Serbie qui montaient en 2015 à 1.8 milliards d’euros, représentant une hausse de 45.6% par rapport à l’année précédente. Le fait que les investissements en Serbie sont aujourd’hui orientés vers un grand nombre de projets et qu’ils proviennent d’un bon nombre de pays montre que les sociétés qui ont décidé d’investir en Serbie sont sûres d’avoir fait un bon choix. Nous ne devons pas oublier à cette occasion les investisseurs nationaux qui nous sont tout aussi importants et nécessaires.

A l’aide d’une coordination monétaire et politique fiscale et en ayant délimité les compétences des institutions, nous avons accru la crédibilité auprès de tous les acteurs de conséquence qui considèrent avec attention les perspectives d’investissement en Serbie. Si je devais résumer en quelques mots les résultats concernant le climat d’investissement général  de notre institution, je pourrais dire ceci – inflation basse, taux d’intérêt au niveau le plus bas, attentes d’inflation ancrées, cours de change relativement stable et système financier résistant, croissance des crédits d’investissement, plus de confiance en la monnaie nationale avec une croissance des emprunts en dinars de la population et augmentation de l’épargne en dinars. Que ceci n’est pas seulement notre propre appréciation est confirmé par les données et appréciations des agences de crédit et institutions internationales équivalentes. L’excellente coopération du Fond monétaire international à l’appui, nous contribuons également au maximum aux signaux positifs nous parvenant de cette institution importante dont les plans sont des soutiens à la stabilité économique nationale.

De plus, la Banque nationale de Serbie soutient particulièrement la détermination du gouvernement de la République de Serbie concernant les intégrations européennes dans le processus duquel nous participons directement à travers des négociations mais également à travers toute une série d’activités sur l’harmonisation des règlements et la création d’un environnement d’investissement plus favorable et plus sûr, à l’instar des pays telle que la France. C’est par nos propres efforts que nous avons obtenu tous ces résultats, en nous confrontant courageusement aux défis de l’environnement international et des tendances financières mondiales. J’espère par conséquent que nous allons continuer à trouver votre compréhension et assistance que nous rendons en retour, au bienfait mutuel.

Pour conclure, j’aimerais ajouter encore un certain nombre de faits concernant la coopération franco-serbe économique et culturelle. La Banque nationale de Serbie coopère intensivement avec la Banque de France mais aussi avec l’organisme de supervision prudentielle des institutions financières. La Banque de France a également participé au projet d’assistance technique de renforcement des capacités institutionnelles de la Banque nationale de Serbie, ce qui est la meilleure manière de poursuivre la coopération de la fin de l’avant-dernier siècle et du début du siècle dernier lorsque la Banque de France imprimait les billets serbes. Dans ce contexte, il y a quelques années la Banque de France a accueilli une exposition sur la coopération entre les deux banques centrales tandis que tous dans ceux de la Banque nationale de Serbie célèbre les ans la journée internationale de la francophonie. En ce qui concerne les indicateurs financiers, je puis dire que la République de Serbie remplit ses obligations en terme de la dette envers la République française, laquelle a fait ces huit dernières années des dons au secteur public de la République de Serbie de plus de 16 millions d’euros. Les investissements directs français dans la République de Serbie ont dépassé 800 millions d’euros. Tout ceci est un honneur pour nous qui en même temps engage la Banque nationale de Serbie de continuer à être un des piliers de la coopération franco-serbe.

Je vous remercie.               

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