Actus des entreprises
Information concernant les blocages aux postes-frontières pour les camions entre les Balkans occidentaux et l'UE

Belgrade, le 27 janvier 2026.
La Chambre de Commerce Franco-Serbe suit de près l'évolution de la situation et souligne les défis provoqués par le début des blocages des postes-frontières pour les camions entre les pays des Balkans occidentaux et l'Union Européenne, qui ont commencé le 26 janvier 2026, en raison de la mise en œuvre du système Entry/Exit (EES). Ce système, qui a été progressivement mis en place, entrera en pleine opération le 10 avril 2026, permettant le suivi automatique de la durée de séjour des ressortissants de pays tiers, y compris les conducteurs professionnels de la région.
Bien que l'objectif du système EES soit d'améliorer la gestion des frontières, les entreprises de transport se trouvent confrontées à des défis importants, notamment la pénurie de conducteurs et les capacités limitées de redirection des trajets, ce qui entraîne des problèmes opérationnels accrus. Les différences techniques et opérationnelles entre les pays, associées à une augmentation des exigences administratives, peuvent avoir un impact négatif majeur sur les flux commerciaux.
Plus de 60 % des échanges commerciaux des Balkans occidentaux dépendent du transport routier, et les blocages aux frontières pourraient avoir des conséquences économiques considérables. Le Fonds Monétaire International (FMI) travaille également sur l'estimation des pertes économiques globales. Les coûts liés aux retards à la frontière (y compris les temps d'attente) sont estimés à environ un milliard d'euros par an, en supposant qu'environ un million de camions entrent et sortent de la Serbie chaque année, y compris les camions en transit. Lorsque ces chiffres sont multipliés par le temps d'attente moyen de huit heures par camion, le coût des retards à la frontière atteint environ un milliard d'euros par an.
Lors de nos échanges avec plusieurs membres de la CCIFS, il a été confirmé que ces chiffres ne sont pas exagérés et correspondent à leurs propres évaluations des pertes potentielles, ce qui souligne davantage la gravité de la situation et la nécessité d'une action rapide.
Étant donné que la mise en œuvre du système EES, prévue pour le 10 avril 2026, entraînera des difficultés supplémentaires pour les conducteurs, qui pourraient être contraints d'arrêter de travailler, notamment dans la zone Schengen, il est prévu que le coût de ce système soit encore plus élevé.
Dans ce contexte, la Chambre de Commerce Franco-Serbe a déjà pris des mesures concrètes pour contribuer à la résolution de cette situation. Lors d'une réunion la semaine dernière avec la délégation de l'UE en Serbie, dans le cadre du Conseil des Chambres de Commerce Bilatérales Européennes (CEBAC), nous avons été informés que la solution la plus rapide serait l'émission de permis de séjour spéciaux par les pays membres de l'UE pour les conducteurs professionnels en provenance de pays tiers. Conformément à cela, nous avons adressé une lettre officielle rédigée par le CEBAC à l'ambassade de France à Belgrade, demandant à ce que cette lettre soit transmise aux autorités compétentes en France, afin d'examiner en urgence la possibilité d'émettre ces permis.
La Chambre de Commerce Franco-Serbe continuera de suivre de près l'évolution de la situation, en communication constante avec nos partenaires et les institutions concernées, et nous continuerons à mettre tous nos efforts pour trouver une solution rapide et durable. Nous tiendrons également nos membres informés de toutes nouvelles évolutions ou informations susceptibles d'impacter les affaires et le transport, afin que nos partenaires puissent se préparer et s'adapter à la situation en temps utile.
Veuillez trouver la lettre du CEBAC adressée aux institutions françaises ici: t3://file?uid=932313